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Evasion Africaine
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Association Loi 1901


Une association née d'un amour partagé du Burkina Faso...
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burkina- été 2005

Mardi 1 août 2006
    Lors de notre séjour, l'été 2005, au Burkina Faso, nous avons rencontrer des personnes qui pratiquent la médecine traditionnelle à base de plantes et de minéraux... Lors de ces différentes rencontres, à Poa, à Fada N'Gourma et à Bobo Dioulasso, nous avons pu avoir un aperçu de l'importance de cette médecine...
  Affiche d'une association de tradipraticiens à Bobo Dioulasso

    En effet, le coût des soins ("modernes") étant inapproprié à la majorité des Burkinabè, la plupart des gens vont consulter un guérisseur, qui peut-être un marabout ou un tradipraticien.

    Le marabout est un guérisseur musulman, c'est-à-dire qu'il se sert de la religion et des plantes pour aider la personne lui rendant visite. Certains n'utilisent que la médecine traditionnelle à base de plantes pour soigner un malade, la religion étant mise de côté... comme me l'a expliqué Adama Traoré, marabout que nous avons rencontré à Bobo Dioulasso. 

Marabout à Bobo Dioulasso

Adama Traoré, marabout à Bobo Dioulasso

    Le tradipraticien est le guérisseur traditionnel. Il a appris son savoir de son père, qui l'a appris de son père... Au Burkina Faso, contrairement au Bénin, il n'y a pas d'école pour apprendre la médecine traditionnelle. Un des fils du tradipraticien, celui qui est ressenti pour la maîtrise de cet art médicinal, dès son plus jeune âge, reste au près de son père afin d'hériter son savoir. Quand il est suffisamment âgé, il va seul chercher les plantes pour les préparations de son père. C'est ainsi, au fur et à mesure des années, que se fait l'apprentissage de la médecine traditionnelle...

Moussa Sanou, tradipraticien à Bobo Dioulasso, sur le marché de plantes médicinales

Le marché de plantes médicinales de Bobo Dioulasso

Boukaré Zougmore, tradipraticien à Fada N'Gourma, ici sur le marché

Hampouguini Thiombiano, tradipraticien à Fada N'Gourma, nous présente quelques unes de ses préparations...

    Quand un enfant est malade, qu'on soit en ville ou au village, on fait appel aux "vieilles" qui connaissent de nombreux remèdes à base de plantes ( feuilles, racines, écorces ou fleurs) qu'on peut boire, ou qu'on applique sur la zone endolorie, ou bien encore qui permet de se laver avec... Cependant, si l'enfant est encore malade, malgrè les soins apportés par les "vieilles", on emmène l'enfant soit à l'hôpital, soit chez le tradipraticien, selon les moyens financiers de la famille...

Les "vieilles" nous montrent plusieurs tisanes qui soulagent les maux des enfants

    Le tradipraticien tient donc une place essentielle dans la société burkinabé. L'Etat, depuis quelques années, développe une politique de promotion de la médecine traditionnelle. Ainsi, il a été créé au Ministère de la Santé une Direction des Services Pharmaceutiques et de la Pharmacopée Traditionnelle, qui élabore des textes permettant de définir la médecine traditionnelle, qui permet aux tradipraticiens de s'organiser en association, et qui organise des rencontres semestrielles pour faciliter les échanges médicinaux (notamment au sujet du Sida...) dans le but d'arriver à une collaboration entre médecine traditionnelle et médecine moderne.

    Au niveau de la Direction Régionale de la Santé Est de Fada N'Gourma, nous avons pu rencontrer le Directeur Général, Dr Ousmane Badolo, nous a expliqué que tout ceci n'en était qu'à ses débuts et rencontre de nombreuses difficultés. en effet, les tradipraticiens, encore très méfiants, ne veulent pas mettre à disposition des chercheurs leurs recettes. Ils sont encore rétissants à l'idée d'une collaboration avec les chercheurs et leurs normes scientifiques. Se pose alors la question de comment les amener à accepter les essais cliniques pour évaluer l'efficacité de leurs produits...


Une préparation en cours de fabrication, réalisée par Philippe Zoubga

    Actuellement, depuis trois ans, l'Etat a créé La Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle, qui regroupe les présidents des différentes associations de tradipraticiens afin d'échanger avec les chercheurs. Les tradipraticiens y reçoivent également des informations sanitaires, par exemple, sur la façon d'enlever les plantes, d'emballer les plantes et les préparations, ou encore sur la façon de réaliser un mode d'emploi, ou encore sur la notion de péremption d'un produit...

     Nous avons restitué toutes ces rencontres dans un Cahier de Rencontres, et réalisé un herbier suite à nos sorties en brousse avec certains tradipraticiens...
 








 

 

 

 

Par Cecile
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